L’alternance pour tous : 3 questions à Johann HAGEGE, directeur ITIC Paris

  • Publié le 22 mars 2021
  • Mis à jour le 29 mars 2021
  • digiSchool
digiSchool a reçu Johann HAGEGE, directeur de l’établissement d’enseignement supérieur privé ITIC Paris et auteur de L’alternance pour tous. Dans son livre, cet expert partage sa vision sur ce que pourrait être l’alternance de demain. 3 questions à…
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Article rédigé en partenariat avec ITIC Paris.

digiSchool : Pourquoi avoir écrit L’alternance pour tous ?

Johann HAGEGE : J’ai profité du premier confinement de l’année dernière pour prendre du recul et faire une introspection sur l’alternance. J’ai voulu poser sur le papier mon expertise sur le sujet (ça fait bientôt 20 ans que je suis à la tête d’ITIC Paris) et répondre aux grandes questions du monde de l’alternance. 

Je souhaitais également prendre du recul sur la réforme de l’apprentissage qui a eu lieu l’année dernière, répondre aux directives du gouvernement, et pourquoi pas leur suggérer des pistes pour améliorer encore le système de l’alternance.

D’importantes décisions ont été prises pour répondre à la crise sanitaire. Il y a eu des aides financières accordées aux entreprises pour faciliter l’embauche d’apprentis. Les étudiants ont ainsi pu continuer à suivre leurs études, même sans entreprise, pendant une période de six mois. L’alternance aurait pu connaître une année très noire. Au contraire, elle est actuellement en croissance ! Plus de 500 000 contrats d’alternance ont été signés en 2020, malgré la crise sanitaire. Le gouvernement doit, à mon sens, pérenniser ces dispositifs et faire en sorte qu’ils ne s’arrêtent pas à la fin de cette crise.

Voir aussi : Téléchargez ici gratuitement L’alternance pour tous

digiSchool :  Pourquoi un étudiant devrait-il se tourner vers ce mode de formation ?

JH : Tout est dans le nom. En alternance, un étudiant partage son temps entre les cours et l’entreprise, selon un rythme défini par l’école. C’est l’occasion de mettre en pratique tout de suite ce que l’on apprend à l’école. Outre l’avantage de l’expérience professionnelle donné par l’alternance, il y a aussi l’aspect financier. En alternance, la formation est “gratuite” (elle est financée par l’OPCO de l’entreprise d’accueil). De plus, l’alternant touche un salaire. Il varie selon le type contrat, l’âge et le niveau d’études.

La condition sine qua non pour faire de l’alternance reste d’avoir un contrat. ce qui n’est pas chose aisée. Le deuxième inconvénient, c’est le rythme très soutenu. Il faut être capable de l’assumer ! Vous devez être volontaire / organisé / mature. Il est important de ne pas vous noyer dans ce rythme. Sinon, vous allez donner la priorité à l’entreprise, alors que vous suivez cette formation pour avoir votre diplôme. Si l’alternance est ouverte à tout le monde, tout le monde n’est pas fait pour l’alternance.

La réforme de l’apprentissage a permis à plus d’établissements de proposer des formations en alternance, mais aussi de garantir leur qualité à travers le label Qualiopi. Ce label est obligatoire pour les centres de formation en apprentissage. Les étudiants peuvent donc se former à presque tous les métiers, et dans tous les secteurs, grâce à l’alternance.

Voir aussi : « C’est toujours très gratifiant de pouvoir embaucher des jeunes que nous avons formés »

digiSchool : À quoi va ressembler l’alternance de demain ?

JH : Pourquoi ne pas avoir un contrat unique au lieu des contrats d’apprentissage et de professionnalisation ? C’est une vraie question, que je pose dans mon livre, et aussi au gouvernement. Un premier pas a été fait avec la réforme de l’apprentissage. Désormais, ce sont les OPCO qui financent à la fois les formations en contrat d’apprentissage et celles en contrat de professionnalisation. Cette première étape simplifie énormément les choses. Mais des différences persistent et, à mon sens, n’ont plus lieu d’être.

Je pense qu’à l’avenir, l’alternance va beaucoup plus s’appuyer sur le e-learning et la souplesse que propose cette méthode d’apprentissage. Le e-learning va permettre à chacun de choisir son rythme en accord avec son entreprise, et de pouvoir les moduler selon les missions qui lui sont proposées tout au long du cursus d’apprentissage.

Il faut investir énormément dans les plateformes e-learning en techniques et en digitalisation des cours à distance. Cela coûte beaucoup d’argent, toutes les écoles ne peuvent pas forcément assumer ce coût. Il serait intéressant que le gouvernement puisse nous aider à mettre en place tous ces modes d’apprentissage à distance.

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Commentaires (1)

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  • mariejobie92@gmail.com

    Je suis une jeune béninoise titulaire du bac +3 je voudrais m’inscrire dans votre université pour contînmes études